En quoi ils ne respectent pas la loi ?

La moindre des choses c'est que ces différents plans globaux avant d'être décidés soient soumis à a consultation du public comme le demande la loi. Le seul côté positif de ce foisonnement, c'est que nous en avons maintenant plusieurs qui peuvent ainsi faire l'objet de comparaison.

  • L'article 14-1 de la loi 82-1153 sur les transports intérieurs prévoit la réalisation de schémas régionaux des infrastructures et des transports;
  • Le plan de déplacement urbain (PDU) doit être rendu compatible avec le schéma directeur de la région ile de France. Cette compatibilité n'est pas effective.
  • Le Décret no 2005-613 du 27 mai 2005 pris pour l’application de l’ordonnance no 2004-489 du 3 juin 2004 relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement prévoit de soumettre ces plans à évaluation environnementale et à la consultation du public.

La première étape au regard du droit européen et notamment la directive 2001/42/CE est donc de lancer une consultation du public sur ces plans. Cela permettra de faire le choix optimisé.

La deuxième étape est de prendre chaque projet individuellement par rapport au schéma général et d'appliquer le droit qui le concerne. Par exemple pour le métro automatique souterrain, il y a l'application de la loi n°82-1153 et la réalisation d'une double évaluation en tant que grand projet et grand choix technologique. (voir le mauvais exemple du projet de tramway T6)

Le respect de ces étapes est indispensable si l'on veut éviter une impasse technico-financière.

Qui sont les gagnants dans tous ces dossiers ?

Le lobby du béton, des travaux souterrains et le lobby automobile.

Ce sont en effet des millions de m3 de béton et des tonnes d'acier qui seront nécessaires pour construire ces infrastructures. Le lobby des travaux souterrains ne pouvait rêver mieux. Des travaux assurés pendant 15 à 20 ans avec en plus des dérapages de coût assurés qui permettront d'augmenter le coût des projets et d'assurer des travaux de confortation complémentaires.

Le lobby automobile est tout content car l'on ne touche pas à la voirie de surface et à la place de la voiture.

Pourquoi ce projet va à l'encontre d'un monde durable ?

Il y a aura des millions de m3 de matériaux qu'il faudra évacuer et stocker. Mais surtout des millions de m3 d'acier et de béton qui seront nécessaire, il faudrait ouvrir de nouvelles carrières et prélever de nouveaux minerais. Or ces ressources ne sont pas durables et il vaudrait mieux réserver les carrières et les mines existantes aux seuls besoins indispensables pour ne pas avoir à en ouvrir de nouvelles et pénaliser ainsi les riverains.

Quelques chiffres

il faut à peu près 20 m3 de béton et 1 tonne d'acier par ml de tunnel.
130 km de tunnel nécessite donc de l'ordre de 2,6 millions de m3 de béton et 130 000 tonnes d'acier (la tour Eiffel c'est 3600 tonnes)

source le projet de métro de zurich

Il va également augmenter les coûts de transport à la charge des contribuables ou des usagers.

Pourquoi les coûts et les délais vont déraper ?

Réaliser des tunnels dans des zones géologiques complexes à 10 ou 15 m sous les habitations, c'est de la folie pure.
De nombreux terrains sont en zones d'aléas forts de gonflement retrait des argiles ou sur des carrières. Il y a des problèmes d'infiltration de nappe et bien sûr de stabilité des immeubles qui sont construits au dessus.
Ce n'est pas de la science fiction, c'est l'histoire qui nous l'enseigne à traver les déboires :

Qui va payer l'investissement et le fonctionnement ?

Il y a l'investissement qui est bien sûr sous-estimé dans le cadre notamment de travaux souterrains et qui nécessitera soit un décalage dans le temps pour pouvoir le financer, soit une augmentation des moyens des maîtres d'ouvrage prélevés sur les impôts, les générations futures à travers la dette ou sur une dégradation des investissements sur l'existant.
En ajoutant encore de nouvelles infrastructures à celles existantes on se demande bien comment on va payer le fonctionnement de tout cela : entretien de la voirie pour les automobiles, du fonctionnement du système actuel de transport en commun et du système futur que l'on nous annonce.
Aucune étude prospective n'a été entamée sur ce point.
Le seul constat que l'on peut avoir aujourd'hui c'est que le manque de telles études dans les choix passés oblige aujourd'hui la RATP a augmenter ses tarifs plus que l'inflation.
On constate également que des entreprises comme la SNCF peinent à entretenir correctement leur patrimoine.

Alors que faire ?

Respecter la loi.

Pour plus d'information : notre dossier tramway