Verbatim de libération du 29 avril 2010, interview de Jean-Pierre Farandou

Ce qui nous préoccupe, ce sont les lignes existantes. Parce que nous les exploitons, parce que nous vivons avec les usagers. Nos directeurs de lignes rencontrent régulièrement les associations d’usagers, les élus locaux… Et nous pensons qu’il est très important que des décisions soient prises pour mettre des moyens sur les infrastructures existantes.

Il y a une espèce de halo, de polémique même, sur la loi Grand Paris. Mais il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment d’un autre débat, peut-être plus terre à terre mais crucial : que fait-on pour apporter des améliorations le plus rapidement possible aux lignes existantes ? Un bout de ligne supplémentaire, des capacités nouvelles pour mieux gérer les incidents, des choses techniques, concrètes, peu lisibles et peu visibles mais absolument indispensables

Améliorer l’existant, tout le monde l’admet. Mais une fois que c’est dit, l’attention se focalise sur les nouveaux projets, qui paraissent plus sexy. Dans le Grand Paris, deux sujets ont émergé : la double boucle de métro automatique et la ligne à grande vitesse Normandie, qui, elle aussi, est assez loin des transports de la vie quotidienne. Mais le trafic Transilien, avec ses 2,8 millions de voyages par jour, c’est dix fois plus que le TGV et quatre fois plus que le TER. Avec 6 000 rames par jour, on fait rouler 40% des trains français sur 10% du réseau. Nous n’avons vu personne parmi les décideurs qui nous dise que le réseau actuel va bien. Mais la machine décisionnelle n’est pas encore enclenchée. Et il y a urgence.