Extrait du journal la montagne du mardi 25 janvier 2011

« La sécurité comme priorité »

Le personnel de T2C ne veut pas jouer le rôle de coupable tout désigné dans l'accident qui s'est produit le lundi 10 janvier. Délégué du syndicat autonome de T2C, Erick Greliche témoigne.

« La seule raison est le dé-guidage de la rame. On n'en connaît pas la cause. Une enquête est en cours. De nouvelles expertises sont prévues début février. » En quelques mots, Erick Greliche rappelle une situation qui, souligne-t-il, « fait peur à nos conducteurs ». D'où le droit de retrait que plusieurs d'entre eux ont fait valoir au lendemain de l'accident. « Ils ont peur, non pas seulement pour leur propre sécurité mais aussi pour celle des passagers, voire même de l'ensemble des usagers de la voirie. » Car, s'interroge-t-il, « que se serait-il produit si le dé-guidage avait eu lieu ailleurs ? » Il explique également l'exercice du droit de retrait « afin de permettre que toutes les rames soient rentrées au dépôt et vérifiées ». Ce qui a été fait et, rappelle-t-il, « à la demande du CHSCT (*), le service a repris à une vitesse limitée à 40 km\h ». Erick Greliche déplore aussi que le débat ait très vite tourné autour du respect des consignes de sécurité par le conducteur. « Une alarme s'est effectivement déclenchée. Elle s'est éteinte et le conducteur a continué. Il ne s'est donc pas affranchi de la sécurité comme certains veulent le faire croire. Une sécurité qui, poursuit-il, a été poussée à outrance en quatre ans. Parfois pour rien. » Et de citer en exemple des cartes électroniques qui se mettent en sécurité lorsque le retour du courant ne se fait pas lorsqu'il pleut ou qu'il neige. Résultat : « Le pantographe descend automatiquement. » En dénonçant des problèmes techniques à répétition, il dit « que les conducteurs ont l'impression de faire les frais d'un tramway qui n'est autre qu'un prototype. » Il ne cache pas non plus des « contacts houleux avec le constructeur » qui, déplore-t-il, « a le monopole sur tout, y compris des pièces détachées vendues très chères. » Un exemple ? Il cite les bandages de caoutchouc entourant les galets : « On en passe des centaines par semaine. Ils ont été changés, ils sont encore plus mauvais mais Lohr refuse de les faire expertiser. On a pourtant un spécialiste ici avec Michelin. »

Erick Greliche enfonce le clou : « A 3 millions d'euros la rame, on est en droit d'attendre un matériel irréprochable. C'est loin d'être le cas. Il faut que les autorités tapent du poing sur la table. » Revenant sur ce dé-guidage, mais également sur l'incendie ayant détruit une rame en décembre 2009, il conclut : « Jusqu'ici, on a eu de la chance dans notre malheur. Mais quand on transporte jusqu'à 67.000 passagers par jour, on se doit d'être irréprochable sur le plan de la sécurité. »

(*) Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Pour plus d'information : notre dossier tramway

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