Les acteurs sont maintenant le dos au mur :

  • La société concernée est au bord du gouffre.
  • Après 700 millions d'euros d'investissement sur le tramway T6 Châtillon Clamart Vélizy Viroflay et la vie des usagers des transports en commun du sud de Paris fortement perturbée pendant plus de 5 ans, nous aurons un système propriétaire qui n'a pas d'avenir et qui dysfonctionnera
  • Grâce à l'ingéniosité de la technostructure, nous paierons pendant 33 ans, par crédit bail, un système qui ne sera plus en fonctionnement dans certainement moins de dix ans.

Cela fera l'objet d'un beau rapport de la cour des comptes alors que cette fois-ci tout était connu par avance avec un peu de sens d'observation.

Si la France et les collectivités sont en situation financière difficile c'est aussi parce que nous payons aujourd'hui les mauvais choix technologiques du passé et nous paierons demain les mauvais choix technologiques du présent comme le Grand Paris Express qui sera le prochain gros gouffre financier en Ile de France.

Extrait du Figaro du lundi 12 décembre 2011

La course pour sauver un fleuron industriel français Par Emmanuel Egloff Mis à jour le 12/12/2011 à 18:51 | publié le 12/12/2011 à 18:36

L'alsacien Lohr Industrie est contraint de mettre en vente sa division tramway pour éviter la faillite.

D'ici à la fin du mois, Robert Lohr, président et fondateur de Lohr Industrie, doit trouver 50 millions d'euros. La somme permettra de rembourser un prêt contracté au plus fort de la crise il y a deux ans. Le dossier est géré à Bercy par le Comité interministériel aux restructurations industrielles (Ciri), une sorte de bloc opératoire destinée à sauver en urgence les entreprises en grande difficulté. Les différents acteurs ont bon espoir de trouver une solution pour le court terme. Une prolongation du prêt pour six mois est envisageable. Sinon, c'est la faillite!

Ensuite, il faudra s'atteler, toujours en urgence, à un sauvetage dans la durée. Ce fleuron industriel alsacien n'a plus le choix. Il est victime d'une crise économique qui n'en finit pas. Et elle est aggravée par la nécessité de mener à bien une succession qui n'a pas été préparée.

Sur le principal site industriel du groupe, qui occupe 70 hectares près de Duppigheim, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, l'activité tourne au ralenti depuis maintenant trois ans. Robert Lohr ne nie pas les problèmes: «Entre 2008 et 2009, la fabrication des camions et remorques porte-voitures a été divisée par dix.» Or, il s'agit de l'activité historique du groupe, qui en occupe la première place dans le monde.

La production des wagons de transport de semi-remorques est, elle, arrêtée. Le groupe attend la mise en place de l'autoroute ferroviaire Atlantique, promise par les pouvoirs publics depuis 2009. «Notre chiffre d'affaires atteignait 200 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année 2008, se rappelle Robert Lohr. Pour la totalité de 2011, il devrait se situer à 120 millions d'euros seulement.»

Pas de licenciement

Une chute d'activité qui a consommé la trésorerie et les fonds propres de la société. D'autant que le fondateur ne s'est pas résolu à prendre des décisions radicales en termes de gestion. «Robert Lohr connaît presque tous ses employés, explique Léonard Specht, l'ancien international de football qui occupe aujourd'hui le poste de directeur des ressources humaines. C'est pour les protéger que nous avons décidé de mettre en place des mesures de chômage partiel plutôt que de licencier.» Le groupe pouvait passer une ou deux années de crise. Mais 2012, qui s'annonce encore difficile, sera la quatrième.

Aujourd'hui, seule l'activité tramway fonctionne correctement. Lohr Industrie s'est lancé en 1993 dans cette aventure. Aujourd'hui, son tramway, le Translohr, équipe les villes de Clermont-Ferrand, Padoue, Mestre-Venise ou Shanghaï. Et des commandes sont en cours de production pour équiper deux lignes de la RATP ainsi que la ville italienne de Latina. La moitié du chiffre d'affaires proviendra de cette division en 2011.

Le dynamisme du Translohr n'est toutefois pas suffisant. Lohr Industrie ne peut plus s'en sortir seul. Son sauvetage passe par l'entrée d'un nouvel actionnaire dans le capital. En l'état, restaurer sa santé financière nécessiterait une prise de participation majoritaire. Une situation terrible pour Robert Lohr, qui a fondé la petite société de forge en 1963.

Pour gagner un peu de temps, Robert Lohr a même mis en vente sa pépite. «Un mandat de vente de notre division tramway a été confié à la banque Lazard,« confie-t-il. Mais il en fixe encore les conditions, précisant qu'il «privilégiera des acquéreurs industriels garantissant le maintien des emplois en Alsace». Il ne communique pas sur un prix de vente, seulement sur le montant des investissements consentis afin de mettre au point son tramway: 120 millions d'euros.

Un bon prix lui permettrait peut-être de conserver le contrôle de la société dans le cadre de l'ouverture du capital. Il s'agit de son dernier espoir de maîtriser, au moins en partie, sa succession.

Pour plus d'information : notre dossier tramway

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