Pour une politique durable de l'emploi
Par Cés le mercredi 21 décembre 2011, 23:55 - Francine BAVAY - Lien permanent
Pour qu'une politique d'urbanisation
professionnelle et d'emplois soit durable, il faut :
- développer un tissus de petites et moyennes entreprises
avec des pépinières d'entreprise pour aider ceux qui ont envie de
s'installer,
- développer l'économie sociale
et solidaire,
- installer les zones d'activités là où il y a des logements pour créer une synergie activité/logements (places de parking extérieures servant aux salariés le jour et aux habitants la nuit, circulation automobile dans les deux sens, présence humaine jour et nuit sur toute la ville),
- empêcher le départ d'emplois durable (ONERA, aérospatiale)
qui étaient implantés dans des quartiers résidentiels en ayant un plan local
d'urbanisme restrictif qui ne valorise pas les terrains de ces organismes et
entreprises (pas de possibilité de construire à grande hauteur) . Leur vente
n'aurait donc pas été intéressante pour un promoteur. Leurs salariés qui ont
organisé leur vie familiale avec cette activité à cet emplacement n'auraient
pas été obligés de déménager,
- créer des écoquartiers partout ou de grandes surfaces se libèrent en installant les activités professionnelles le long des axes de circulation et les logements à l'intérieur et sur les voies calmes protégés du bruit.
L'exemple de Châtillon et de la politique menée par le maire et sa majorité UMP et nouveau centre depuis de nombreuses années est tout le contraire et le symbole de ce qu'il ne faut plus faire en terme de développement d'activité et d'urbanisation professionnelle. Tout miser sur l'emploi tertiaire en construisant au même endroit des immeubles de bureaux R+10, c'est jouer la politique de l'emploi et l'avenir de la ville au casino :
- des petites et moyennes entreprises avec une diversité
d'emplois ont disparu pour laisser la place à des immeubles
tertiaires,
- les grands groupes internationaux comme Orange, Siemens,
Compass, Accenture qui ont choisi châtillon peuvent très bien faire un choix
inverse en fonction de la conjoncture et quitter une fois leur
investissement amorti la ville de Châtillon alléchés par des
subventions d'autres collectivités,
- le regroupement d'activités sur des mêmes secteurs crée des flux de
circulation dans le même sens augmentant la saturation des axes
routiers et des transports en commun,
- cela augmente la vacance de nombreux immeubles de
bureaux en Ile de France dont on voit fleurir les
pancartes,
- cela aggrave la pénurie de foncier alors que nous avons
besoin de construire des logements sociaux et étudiants ou des résidences pour
personnes âgées,
- cela désorganise la vie familiale de salariés qui sont obligés de déménager.
C'est la même politique que les subprimes ou les emprunts toxiques. Cela finit par coûter cher à l'arrivée avec un risque de disparition massive d'emplois et d'explosion de la bulle immobilière.
Francine Bavay, Europe Ecologie les Verts groupe local de Châtillon, Conseillère Régionale d'Ile de France