C’est pour une photo de la solidarité qu’ils se sont rassemblés mardi à midi devant leur lycée de Montrouge. Elèves, personnels et enseignants sont venus entourer Janat ; cette jeune élève en CAP peinture à Jean-Monnet vient de recevoir une OQTF (obligation de quitter le territoire français). La jeune fille est arrivée il y a deux ans du Caire, en Egypte, fuyant les persécutions qui frappent la communauté copte. Pour elle, y retourner serait « une catastrophe » : « C’est encore pire maintenant. Mes sœurs, qui sont encore là-bas, ne sont pas sorties de chez elles depuis un an et demi, elles ont peur. »

Soutenue par des associations, des collectifs et des élus

''D’abord accueillie chez une autre de ses sœurs déjà réfugiée en France, Janat a dû en partir et se débrouille aujourd’hui comme elle peut, grâce à la solidarité de son entourage. Soutenue par le Réseau éducation sans frontières (RESF), par des élus comme Francine Bavay, conseillère régionale EELV, venue s’associer à la mobilisation, ou encore Marie-Hélène Amiable, la députée-maire (PC) de Bagneux, Janat ne veut pas perdre espoir : « J’ai encore du courage, sourit la jeune fille. Je veux poursuivre mon CAP, j’aime ça et j’ai de bonnes notes. » '' « Elle se débrouille bien, il faut qu’elle ait son diplôme, approuve Daddy, son professeur de peinture. Et surtout, il faut qu’elle ait ses papiers! Je ne comprends pas qu’on puisse vouloir la renvoyer quand on sait ce qui l’attend là-bas. »

« C’est une situation honteuse », dénonce Richard Moyon, de RESF, qui rappelle les déclarations à la suite de l’attentat qui avait fait 23 morts dans une église copte d’Alexandrie, le 31 décembre 2010 : Nicolas Sarkozy, en condamnant ces violences, avait mis en garde contre « l’épuration » des chrétiens d’Orient.

« La France ne peut pas la condamner à retourner dans un pays où sa sécurité est menacée et son avenir, inexistant », écrit Henriette Zoughebi, la vice-présidente (PCF) du conseil régional, chargée des lycées et des politiques éducatives, dans une lettre envoyée mardi au sous-préfet Bernard Bouloc. Le groupe EELV du conseil régional est également intervenu auprès de lui.

C’est désormais là, à la sous-préfecture d’Antony, que se joue l’avenir de Janat. Les soutiens de la jeune fille, s’ils n’y sont pas reçus pendant les vacances, promettent déjà d’aller y manifester à la rentrée.