Très préoccupés par la situation, les élus locaux montent au créneau. « Cette affaire devient très inquiétante. Il faut sauver cette activité », réagit Hervé Marseille, maire (Nouveau Centre) de Meudon, qui dit « attendre une réaction de l’Etat ».

Le maire (PS) de Clamart, Philippe Kaltenbach, s’est adressé hier à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, pour lui demander de « tout mettre en œuvre pour maintenir l’activité de Translohr ». « Le dépôt de bilan du groupe Lohr risque de compromettre la mise en service du tramway, écrit l’élu. Nous nous retrouverions alors dans une situation totalement irréelle, avec une infrastructure prête à accueillir le tramway, mais sans tramway! » Le maire pointe aussi « les importantes nuisances de chantier que subissent les habitants depuis de nombreuses années ». Appuyant que ceux-ci « ne pourraient pas accepter » que ce projet « attendu par tous » n’aboutisse pas.

« On savait depuis quelque temps que le groupe Lohr allait mal. J’ai eu les maires concernés au téléphone, et nous allons contacter le ministère de l’Equipement, explique à son tour Jean-Pierre Shosteck, maire (UMP) de Châtillon. Je suis sûr qu’une solution va être trouvée. »

Outre le retard de la mise en service, cette cessation de paiement soulève aussi la question d’un éventuel changement de technologie du tram. Interrogés, le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) et la RATP n’ont pas souhaité faire de commentaire hier, « tant que Translhor est en discussion avec Alstom ».

« C’est une catastrophe écologique qui se transforme en catastrophe économique, dénonce Francine Bavay, conseillère régionale Europe Ecologie-les Verts et candidate aux législatives sur la 12e circonscription. Les élus écologistes de Châtillon, Clamart et Fontenay-aux-Roses dénoncent le choix du Translohr depuis dix ans. Ils avaient raison. »

« Tous les matins, c’est la galère en voiture »

UN RIVERAIN DE LA RUE DE PARIS à Châtillon

A Châtillon, les riverains vivent les travaux du tramway au quotidien. Pour eux, la situation est insupportable. « Que ça prenne du retard ou pas, de toute façon, on sera obligés de subir », souffle un salarié du McDo. « Plusieurs taxis ont refusé de me déposer à Châtillon à cause de la circulation, déplore Alexis. Les déplacements en bus mettent deux fois plus de temps et quand j’utilise mon vélo, la rue est impraticable. » Pour cet autre riverain, aller travailler est un combat quotidien : « Tous les matins, c’est la galère en voiture. » Les commerçants de la rue de Paris, terminus du T6, se plaignent déjà des retards des travaux. « Nous connaissons une baisse du chiffre d’affaires de près de 25%, explique Julien, opticien. On nous avait dit que les travaux de voirie devant la boutique dureraient trois mois, ils ont pris huit mois, pendant lesquels nous étions isolés. » Florica, buraliste, pointe « les multiples coupures d’électricité et d’eau ». Même les grandes enseignes sont touchées : « En février et mars, le magasin a connu une baisse de la fréquentation allant jusqu’à 40%, indique Christian Leclaire, directeur du magasin Darty. Du coup, nous n’embaucherons pas de CDD. »

Commerçants et riverains s’accordent sur un autre point : « Le manque de communication ». « On ne sait jamais quand le chantier change de tronçon », déplorent-ils. La rue de Paris, qui se prolonge en rue de Verdun, n’aura jamais aussi bien porté son nom. Philippe Pemezec veut sa revanche

Pour plus d'information : notre dossier tramway

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