Les multinationales du BTP, viennent de recevoir un cadeau en or de Monsieur SARKOZY. Réaliser des tunnels pour des dizaines de milliards d'euros pendant au moins 20 ans avec tout ce que cela va entraîner comme dérapages financiers qui seront autant de jack-pots pour ces sociétés au détriment des finances publics et du budget des citoyens. Je prédis d'ores et déjà que le coût final des 160 km de tunnel sera d'au moins 30 milliards d'euros et non les 20,5 milliards d'euros annoncés qui ne sont déjà pas financés. Cette opération imposée par le prince en août 2010, sans débat démocratique préalable, se fera au détriment de l'environnement et de la qualité de vie de l'ensemble des Franciliens.

Grand Paris Express un projet non financé, piège à retardement pour les finances publiques et les citoyens au détriment des autres politiques publiques

Quelle urgence y avait-il à lancer ce projet alors que nos concitoyens réclament en priorité des logements, du travail, un système éducatif et de transport qui fonctionnent bien...

Grand Paris Express aura pour conséquence, en mobilisant des ressources naturelles à la limite des capacités de production actuelles, de renchérir le coût des logements, d'augmenter les impôts des citoyens et des entreprises sans amélioration pour les franciliens puisque la cible des voyageurs est celle qui fréquente les aéroports et repartent dans la journée. En décembre dernier a été voté l'augmentation de la taxe d'habitation et de la taxe foncière qui rapportera 100 millions d'euros par an à la société du Grand Paris. Pendant ce temps, on a supprimé 1200 postes dans l'Éducation nationale, en nous expliquant qu'il fallait faire des économies budgétaires.

D'une part on augmente donc les impôts pour financer les entreprises multinationales de BTP, et d'autre part on supprime des postes dans l'Éducation nationale, la priorité nationale, pour faire des économies budgétaires. Ce gouvernement est indécent.

Le MEDEF pousse ce projet, mais sans que cela coûte aux entreprises, et donc en voulant faire payer les citoyens. L'organisme patronal défend les multinationales du BTP en cherchant à faire payer la note à toutes les autres petites et moyennes entreprises Franciliennes. Le PS est lui aussi pour ce projet mais ne souhaite pas faire payer les citoyens. L'UMP n'en a donc cure et fait payer tout le monde pour un projet qui n'améliorera en rien la qualité de vie des franciliens.

Au final, tout le monde paiera une note bien plus lourde que l'augmentation des impôts et des transports en subissant le renvoi à plus tard dans le temps des décisions nécessaires aux améliorations à court terme, ce qui pénalisera le système à long terme, et les nuisances pendant des années pour des travaux inutiles.

Tout esprit critique a disparu. Les maires de gauche, du centre et de droite et même certains « écologistes » veulent leur gare du Grand Paris Express.

Si ce projet est lancé personne ne voudra l'arrêter et les collectivités seront toutes prises au piège de devoir mettre de plus en plus d'argent au pot.

Pour faire face à ces difficultés budgétaires, elles couperont dans les autres politiques publiques sociales, culturelles, éducatives et associatives comme elles ont déjà commencé à le faire.

Les élus PC et au PS qui protestent contre ces réductions et qui soutiennent en même temps ce type de projet, sont dans l'incohérence complète.

Encore une fois méditons l'expérience de Toulon et l'impasse financière dans laquelle tous les acteurs se sont trouvés pour avoir sous-estimé le coût réel de l'opération.

Nous assistons à une fuite en avant de la construction de toujours plus de nouvelles infrastructures lourdes de transport. Comment aura-t-on les moyens de faire fonctionner correctement les infrastructure existantes et les infrastructures nouvelles même en augmentant le prix du billet et les impôts locaux ?

En effet, Il faut déjà des milliards d'euros pour faire fonctionner le système actuel. Où trouvera-t-on les milliards d'euros supplémentaire, le financement n'étant pas encore trouvé, pour l'investissement du projet de Grand Paris Express ?

Les collectivités ne pourront pas se plaindre de ne plus voir d'amélioration du système de transport actuel. On leur répondra « vous avez voulu le Grand Paris Express, il n'y a plus d'argent pour le reste ».

A Clamart, c'est ce qui s'est passé lorsque les élus ont réclamé plus de fréquence de bus. Le STIF leur a répondu « vous avez le T6 (tramway Châtillon Viroflay) estimez-vous heureux ».

Je souhaite que l'on défende enfin l'utilité des dépenses de fonctionnement.

Il y a une logique délétère à toujours vouloir plus d'investissement sans se rendre compte que les investissements d'aujourd'hui sont les dépenses de fonctionnement de demain.

Bien sûr, il faut accepter la modestie de ne pas pouvoir couper le ruban d'un nouveau projet.

Si le Grand Paris Express sort de terre, ce sera au détriment de l'amélioration des infrastructures de transports existantes et donc de millions de Franciliens.

Grand Paris Express un projet source de dégâts environnementaux

Le dossier présenté lors du débat public du Grand Paris a fait l'objet de lacunes importantes qui auraient dû être détaillées avant la prise de toute décision définitive.

Pendant une vingtaine d'année, à cause des travaux, des centaines de milliers de Francilien vont perdre du temps dans les transports en commun ou dans les embouteillages, ce qui va augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Cela n'a pas été estimé.

Ce projet va nécessiter des millions de tonnes de matériaux de construction, l'ouverture de nouvelles carrières, de nouvelles centrales à béton. Cette demande va entrer en concurrence avec celle nécessaire pour la construction de logements en Île-de-France et donc contribuer à la spéculation financière sur ces matériaux. L'ouverture de carrières et les milliers de camions qui vont circuler sur les routes n'ont fait l'objet d'aucune appréciation de leur impact.

Les millions de m3 de déblais vont nécessiter l'ouverture de nouvelles décharges qui sont pourtant saturées en Île-de-France ainsi que la circulation de milliers de camions qui vont participer à la congestion des voiries. Où va-t-on mettre ces matériaux ?

Ce qui se passe en Seine et Marne avec des les déchets inertes ne peut que nous inquiéter sur les conséquences du projet Grand Paris Express.

Alors que les politiques et notamment le ministre UMP de l'écologie défendent dans leurs discours des villes durables et la lutte contre l'étalement urbain, le projet de transport Grand Paris Express va contribuer à la disparition de milliers d'hectares de terres agricoles et à l'étalement urbain comme celui lié à l'aménagement du plateau de Saclay.

Au XXIème siècle nous ne devons plus accepter en Île-de-France la perte de zones agricoles ou de biodiversité.

Grand Paris Express un projet source de tracas pour des dizaines de milliers de Franciliens

Grand Paris Express d'une longueur de 175 km est pour la très grande partie de son trajet un projet de métro souterrain qui passera dans beaucoup d'endroits sous les habitations. C'est 100 fois le creusement du tunnel de Toulon. Il suffit de s'intéresser aux déboires liés à la construction du tunnel de Toulon pour comprendre comment on va gâcher la vie de dizaines de milliers de Franciliens pendant des années. De nombreuses alternatives plus simples, moins coûteuses, au moindre impact et plus rapides de mise en œuvre sont pourtant possibles mais elles sont moins "bling-bling".

La construction des tunnels créera des désordres dans les sous-sols comme cela s'est déjà produit lors de la construction de la ligne 14, du RER E ou le tunnel de l'A86. Ces désordres seront la source principale des dérapages financiers de l'opération mais seront une source de dégâts sur les biens immobiliers situés à une dizaine de mètre au dessus du plafond du tunnel.

La construction des gares créera pendant des années des nuisances sonores, des pollutions, voire des dégâts sur les biens (fissurations) de dizaines de milliers de riverains dans le meilleur des cas. Doivent-ils être mis sur le fait accompli ou doit on les prévenir de ces risques avant de décider de leur construction ?

La loi du Grand Paris c'est aussi une loi d'expropriation massives de personnes à faible revenus et classes moyennes habitants autour des gares pour permettre aux promoteurs, amis du pouvoir, de construire des logements de standing. La spéculation foncière est une des sources de financement du système.

Grand Paris Express un projet non démocratique

En imposant ce projet de transport par une loi en juin 2010, sans aucune évaluation environnementale préalable et sans poser les avantages et inconvénients du projet, Nicolas SARKOZY a réalisé un hold-up démocratique.

Ce n'est pas le premier passage en force, nous avons déjà eu les réacteurs nucléaires EPR et le projet international de réacteur de fusion nucléaire ITER. Ce sont des projets de plusieurs milliards d'euros dont les coûts initiaux sont volontairement minimisés pour forcer à la décision et mettre tout le monde sur le fait accompli une fois le dérapage opéré.

ITER c'est l'impasse sur le financement. La Commission déshabille d'autres projets de recherche pour le financer.

Pour habiller les copains de Nicolas on déshabille le peuple.  

Il serait temps que les études comparatives demandées par l'article 14 de la loi 82-1153 soient réalisées avant toute décision définitive en matière de transport. Cette loi est souvent oubliée en Île-de-France. On aurait pu ainsi éviter de se retrouver avec le plus mauvais projet de transport en île-de-France, le tramway T6 Châtillon Clamart Vélizy Viroflay et sa technologie défaillante dont les coûts et les délais n'arrêtent pas de déraper.

Grand Paris Express un projet qui va déstabiliser l'enseignement supérieur

En obligeant les universités et grandes écoles à se regrouper en déménageant sur une zone plus éloignée comme le plateau de Saclay, la France fait une erreur stratégique à l'heure des réseaux sociaux par internet qui rendent inutile cette logique de nouvelle concentration. Pendant quelques années on va déstabiliser ces structures qui seront concentrées sur leur déménagement au bénéfice encore une fois des promoteurs qui vont récupérer des terrains bien situés. La pertinence de ces regroupement et leurs inconvénients n'ont jamais été discutés parce qu'imposée encore une fois par le monarque.

On fait croire que le Grand Paris Express résoudra le problème mais il n'atteindra pas ces secteurs avant une vingtaine d'année faute d'argent pour le financer. Je savais déjà que par la diminution du nombre d'enseignants, la politique de l'UMP était de casser l'éducation nationale mais, à travers cet exemple, on s'aperçoit qu'ils vont également casser le système supérieur d'éducation qui mettra des années à s'en relever.

Pour des villes durables, nous devons arrêter de concentrer les activités par pôle obligeant à créer des infrastructures lourdes et coûteuses de transports pour corriger ces erreurs d'urbanisme .Le système éducatif doit rester au cœur de nos villes.

Quelles solutions ?

Pour mettre fin à ce gaspillage d'argent public, j'ai décidé il y a un an de porter plainte contre le projet Grand Paris Express auprès de la Commission européenne pour non respect de la directive plans et programmes.

Le grand gaspillage du Grand Paris Express est soutenu par l'UMP, le centre, le PC et le PS.

Europe Écologie Les Verts est le seul parti politique à refuser cette aberration et à défendre le pouvoir d'achat des citoyens et la trésorerie des petites et moyennes entreprises en demandant de fixer comme priorité l'amélioration rapide des infrastructures existantes.

Dans cette histoire, c'est la droite qui favorise le gaspillage de l'argent public au bénéfice des multinationales et ce sont les écologistes qui se battent pour économiser l'argent public et le dépenser pour répondre aux urgences sociales et environnementales.

Quant à ceux qui m'objecteront que je suis contre l'emploi en refusant les grands travaux, je répondrais que les entreprises du BTP doivent se battre à nos côtés pour construire plus de logements sociaux, pour rénover les infrastructures existantes, isoler les logements, lutter contre le réchauffement climatique. Il y en a pour des milliards d'euros de travaux et des centaines de milliers d'emplois qui répondent aux urgences de nos concitoyens.

Le projet écologiste est concret et ancré dans la réalité de vie des Franciliens.

Grand Paris Express doit être abandonné.

En juin réviser la loi du Grand Paris doit être une priorité

Redonnons du sens à la politique.

Francine Bavay, Europe Ecologie les Verts,

Conseillère régionale d'Ile de France, candidate EELV aux élections législatives sur la 12ème circonscription législative des Hauts de Seine Châtillon - Clamart - Fontenay Aux Roses - Le Plessis Robinson

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