Peur de l'étranger, peur du changement, peur des pauvres, peur de perdre leurs privilèges, peur de perdre l'estime de leurs amis riches et puissants. Cette peur, ils ne cherchent pas à s'en libérer. Au contraire, ils la gardent en eux et l'entretiennent entre eux. Elle guide leurs décisions et leurs actions car il leur faut empêcher tout ce qui pourrait la stimuler. En cherchant leur propre sécurité, ils tentent de contrôler le monde pour qu'il soit conforme à leur propre définition de l'ordre.

Le maire du Plessis-Robinson, par ailleurs membre de la commission d'attribution des logements sociaux du 92, se félicite qu'« il n'y a pas beaucoup d'arabes » dans sa ville, car il y fait « très gaffe ». Le maire de Châtillon est un grand ami de celui du Plessis auquel il souhaite "rendre sa place" de député (car le maire du Plessis a trafiqué ses comptes de campagne et a été condamné à l'inéligibilité en 2007 - c'est donc un délinquant, mais selon le maire de Châtillon, du type qu'il est injuste de punir). Le maire de Châtillon, lui, distribue les logements de notre ville sans passer par aucune commission.

La Droite, donc, a peur. Et elle propage cette peur, sa xénophobie en premier lieu, en désignant les étrangers (ou soit-disant) comme les premiers coupables de nos maux. Le maire de Châtillon a peur des roumains. Celui du Plessis des turcs et des arabes. Ces deux maires distribuent des logements publics selon leur propre volonté. À Châtillon comme ailleurs, ce n'est même pas un peu plus de transparence qu'il faut : une transparence absolue est indispensable dans l'attribution des logements sociaux. Ce sera un premier pas pour faire cesser les agissements d'élus pilotés par la peur et par la haine.

Notre maire, député pour quelques temps encore, se serait honoré de finir son mandat par une proposition de loi en ce sens. Cela aurait été une meilleure dépense d'énergie que d' attaquer Serge Letchimy qui, lui, s'élève contre les dérives racistes de l'UMP.

Au passage, nous souhaitons saluer, même si c'est avec un peu de retard, le député Serge Letchimy pour son discours de février à l'Assemblée.

Jérôme Desquilbet
Conseiller municipal Europe écologie - Les Verts